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Conversations

Les femmes qui façonnent La Réserve

Nathalie Longefay, Directrice Technique Château la Mascaronne

Avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur viticole, elle allie rigueur scientifique et passion pour l'œnologie. Après avoir exploré diverses régions viticoles, elle rejoint La Mascaronne, où elle contribue au développement du domaine en valorisant biodiversité et terroir. Son expertise, enrichie par une expérience internationale, incarne la fusion parfaite entre tradition et innovation dans l'univers du vin.

Pouvez-vous nous partager votre parcours et ce qui vous a motivée à travailler dans l'industrie viticole ? Quel a été le moment décisif pour vous ?

J'ai grandi au sein d'un vignoble, baignant dès mon plus jeune âge dans cet univers. J'ai par la suite suivi un parcours d'études assez traditionnel avec un premier stage de découverte dans un laboratoire d'œnologie, marquant ma première immersion concrète dans ce domaine. Par la suite, j'ai entrepris des études de chimie, convaincue que la maîtrise des aspects chimiques était essentielle avant d'approfondir l'œnologie.

J'ai tenté une première fois d'intégrer une école d'œnologie, mais sans succès. J'ai donc poursuivi une licence de chimie en envisageant une carrière dans l'enseignement. Cependant, ma passion pour le vin ne m'a pas quittée et j'ai retenté l'admission l'année suivante. Cette fois-ci, j'ai été acceptée et je me suis pleinement investie dans mes études d'œnologie, sans jamais regretter ce choix.

Durant ma formation, j'ai effectué plusieurs stages dans différentes régions viticoles afin de découvrir la diversité des vins français. Mon premier stage s'est déroulé à Cahors, où j'ai découvert des vins puissants et de garde. J'ai ensuite réalisé un second stage en Val de Loire, une région qui m'attirait particulièrement pour sa grande variété de vins : secs, doux, liquoreux, rosés et rouges.

Une fois diplômée, j'ai obtenu mon premier poste dans la région de Limoux, où j'ai pu explorer d'autres méthodes d'élaboration du vin. Toutefois, en tant que jeune diplômée, il n'était pas simple de trouver un poste à temps plein et j'ai donc saisi l'opportunité de partir en Australie pour une expérience professionnelle très enrichissante. Cela m'a permis de perfectionner mon anglais et de découvrir des méthodes de vinification différentes, souvent plus proches de l'agroalimentaire que de l'artisanat viticole français.

De retour en France, j'ai intégré un cabinet de conseil en œnologie en Provence. Cette expérience a été d'une grande valeur, car elle m'a permis de travailler avec de nombreux domaines viticoles, chacun ayant ses spécificités et ses terroirs uniques. J'ai beaucoup appris en observant les différents modes de vinification et en accompagnant les propriétaires dans l'amélioration de leurs processus.

En 2021, j'ai rejoint La Mascaronne, un domaine que je suivais déjà en tant que consultante. Lorsque le domaine a été racheté, une opportunité s'est présentée et j'ai intégré l'équipe à temps plein. J'avais envie de rejoindre un seul et même domaine après des années à en accompagner plusieurs. Ce qui est stimulant, c’est la vitesse à laquelle grandit le domaine avec, par exemple, le rachat de Château La Lauzade, qui offre de beaux défis et des projets captivants.

Votre parcours est passionnant, notamment avec cette expérience en cabinet de conseil qui vous a offert une vision plus large du secteur. Revenir sur un seul domaine et le faire évoluer doit être une belle aventure ?

Effectivement, c'est une évolution naturelle pour moi. J'ai eu peu de postes différents, ce qui est plutôt rare aujourd'hui. Cependant, grâce à mon expérience en conseil et aux nombreux projets de développement au sein de La Mascaronne, j'ai pu acquérir une grande diversité de compétences sans avoir à changer d'entreprise.

“Ce qui m’a attirée, c’est aussi la démarche biologique du domaine et son respect de la biodiversité, qui sont des valeurs qui me tiennent à cœur.”

Vous avez fréquenté un grand nombre de vignobles de par ce métier de consultante. Pourquoi avoir choisi de rejoindre La Mascaronne et non un autre domaine ?

La Mascaronne, c’est pour moi un terroir assez unique et très identitaire. Ce qui m'a attirée ici, c'est la qualité du terroir, avec un parcellaire capable de produire d'excellents vins dans les trois couleurs. Ce qui m’a attirée, c’est aussi la démarche biologique du domaine et son respect de la biodiversité, qui sont des valeurs qui me tiennent à cœur. La Mascaronne, ce n’est pas que du vin, c’est aussi de l’huile d’olive, et je possède également une accréditation pour déguster ce produit, ce qui rend l’offre complémentaire. Enfin, j'apprécie aussi le fait que tout soit récolté à la main, ce qui est rare en Provence. Cela nous permet d'être plus précis dans nos sélections et d'assurer une qualité constante, même dans des conditions climatiques difficiles.

Le monde viticole reste encore très masculin. Avez-vous rencontré des défis en tant que femme dans cette industrie ? Quel message aimeriez-vous transmettre aux femmes intéressées par ce secteur ?

Le secteur viticole est effectivement très masculin. J'ai toutefois eu la chance d'évoluer dans des environnements bienveillants, même si cela n'a pas toujours été simple. À l'école, la parité était présente, mais une fois sur le marché du travail, j'ai constaté qu'il y avait très peu de femmes en poste à responsabilité. Au début, il était difficile d'être prise au sérieux. Il fallait faire ses preuves, être encore plus rigoureuse et performante pour gagner la confiance des autres. Heureusement, les mentalités évoluent, et de plus en plus de femmes accèdent à des postes-clés.

Ce qui est tout de même touchant dans ce secteur viticole, qui est certes un monde encore dominé par les hommes, c’est qu'il reste un monde assez vrai, assez authentique, et qui doit s’adapter à tous les changements, qu’ils soient humains ou climatiques. Quand on arrive à bien collaborer dans ces moments d’incertitude, les gens se révèlent et permettent de faire évoluer les relations humaines dans de meilleures conditions. C’est un métier très solidaire, qui permet d’affronter les défis ensemble, et très honnête.

Mon conseil aux femmes qui souhaitent entrer dans ce domaine : ne pas se laisser impressionner, faire preuve de rigueur et de passion, et surtout, persévérer. Le vin est un univers fascinant qui demande du temps et de la patience, mais lorsqu'on est déterminée, on peut réellement s'épanouir et apporter une contribution précieuse à l'industrie.

Enfin, si vous deviez recommander un vin de La Mascaronne, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Pour moi, ce serait la Grande Réserve Rosé 2022 ! C’est la quintessence des terroirs de La Mascaronne, qui a été créée avec les cépages emblématiques représentant l’histoire de la propriété. C’est aussi une manière de montrer que l’on peut faire des rosés de garde, qui peuvent révéler un terroir. C’est un vin confidentiel qui illustre le travail parcellaire du domaine. À déguster avec un carpaccio de Saint-Jacques aux baies roses ou pour accompagner un dessert à base de fruits rouges.